ORIS 586

acheté neuf en mars 2003

 

    Contrairement à mon ami B.Fontenel, la plupart de mes achats horlogers n’ont aucun caractère rationnel. Ainsi, ma modeste collection n’a pas de thème si ce n’est celui de regrouper un ensemble de montres hétérogènes dont le seul point commun est de me plaire. De ce fait, tous mes achats sont des achats « coup de coeur » et cette Oris ne fait pas exception à la règle.

    Premier achat de ma collection après contamination par le virus horloger, elle n’en a que plus de valeur sentimentale. Pourtant, contrairement à ce que je viens de dire plus haut, le choix de « la première » fût difficile, avant de tomber sur elle, par hasard.

    Tout d’abord, je souhaitait une montre qui ne soit pas hors de prix, de préférence avec boite rectangulaire, si possible avec indication de la date et des phases de lune, bien entendu mécanique. J’avais pensé à l’éterna 1935, montre élégante et représentante d’une firme emblématique de l’histoire de l’horlogerie. Toutefois, son prix un peu élevé (1200 euros) et son aspect que je trouve un peu austère ont écarté ce choix. Pas de passion pour elle donc. J’ai regardé ensuite du coté de chez Longines qui présente une belle montre rectangulaire automatique, très sobre et élégante, peu onéreuse, mais là encore, peut-être « trop » sobre à mon goût. De plus, aucune n’indiquait les phases et âges de la lune.

    En désespoir de cause, je me rendis un jour chez mon horloger et c’est là que je vis cette Oris qui remplissait à merveille mon cahier des charges. Pas d’hésitations et quelques minutes plus tard, elle était à mon poignet.

 

LA PRESENTATION

 

    Qui dit petit budget dit aussi économies partielles. En ce qui concerne cette montre, tout porte à croire qu’une partie de cette affirmation trouve son fondement dans la présentation. En effet, mon Oris est vendue dans une classique boite en carton noire sur laquelle est inscrit en lettres argentées le logo de la marque et dans laquelle on trouve une boite en plastic noire également, avec le logo cette fois inscrit ton sur ton en relief. L’intérieur est tapissé de velours noir et la montre est présentée sur un support qui peut faire office de rangement ou de présentoir selon sa position. On trouve en outre un petit livret en carton blanc contenant les papiers de la montre, une garantie et les instructions d’utilisation et de réglage. En réalité, mon jugement est un peu dur car si on est loin de la boite vernie et luxueuse d’une chronoswiss ou autre rolex, le niveau de finition est tout de même largement acceptable, surtout à ce prix.

 

VUES D’ENSEMBLE

 

 

 

LE CADRAN :

 

    Là, nous entrons dans le vif du sujet. En fait, c’est à ce niveau que selon moi cette montre possède ses meilleurs atouts. En effet, autant l’impression inhérente à la présentation peut décevoir, autant ici, l’étude du cadran nous amène au constat d’un niveau de finition de très loin supérieur à ce que l’on peut retrouver chez la concurrence, même pour des tarifs supérieurs. Ce cadran est rectangulaire avec une largeur de 20mm pour une hauteur de 25mm. Il est en métal peint et le fond est décoré de quatre types de guillochage différents. De l’extérieur vers l’intérieur, on a : un guillochage linéaire et vertical sur le pourtour, puis une graduation peinte pour les minutes avec des index en or rapportés pour les intervalles de cinq minutes tandis que le 12 et le 6 sont en chiffres arabes rapportés, en or également.

 

    Au niveau des index rapportés, le guillochage est en lignes courbes verticales. Encore vers le centre, on a un cercle en relief où sont peints en chiffres arabes les dates pour un mois. Dans ce cercle, on a un guillochage en rosace qui part d’un guichet hémisphérique situé à six heures et contenant la phase de lune. Sur le pourtour de ce guichet sont figurés en chiffres peints les âges de la lune et en dessus, le guillochage est en pointillés. Le disque des phases de lune est très simple avec un disque doré figurant la pleine lune sur fond bleu foncé tandis que la nouvelle lune sera figurée par la présence de deux étoiles dorées également. L’indication de la marque ainsi que les mentions « automatic » et « 25 jewels » sont peintes et situées à 12 heures à l’intérieur du cercle des dates. Le changement de phase se fait entre 15h et 18h.

 

On peut distinguer le fin guillochage...

 

 

    Un cadran à la description complexe mais qui me semble parfaitement harmonieux, malgré tout assez sobre en étant précieux et original, en somme du raffiné mais sans ostentation, autant dire que j’adore ! Seul bémol : au milieu de tout cela, l’aspect fonctionnel a été relégué au second plan, mais qui regarde sa montre pour savoir l’heure ?

 

LES AIGUILLES :

 

    Décidément, au meilleur succède parfois sinon le pire, du reste le moins bon. Les aiguilles sont de forme évasée, en or et recouvertes de Tritium afin de rendre possible la lecture de l’heure dans le noir, situation qui ne permet de lire l’heure qu’avec ces aiguilles, seuls éléments « tritiés » de la montre. La trotteuse est centrale et est une simple tige métallique en or. La date est à affichage analogique et se fait par une aiguille bleue se terminant par un index en croissant rouge soulignant la date du jour. Ici encore, on peut être déçu par ses aiguilles qui fond un peu « bas de gamme » et contrastent avec la qualité du cadran. Toutefois, ce jugement reste nuancé, et l’aspect des aiguilles d’indication horaire est « racheté » par la finesse de celle indiquant la date.

 

 

LE VERRE :

 

Verre saphir légèrement bombé. Du classique et solide, encore de la belle qualité pour le prix.

 

LA BOITE :

 

    Elle est rectangulaire en acier poli, de belle facture. Elle mesure 25mm de large pour 37mm de long. Certes cette taille est modeste, ce qui en fait presque une montre féminine mais pour les petits poignets, cela est largement suffisant. Elle est assez simple avec une cannelure qui suit la hauteur, une forme légèrement bombée selon tous les axes. Le bracelet vient se fixer dans deux encoches aux extrémités de la boite.

 

LE FOND :

 

    Il est lui aussi en acier poli et fixé à la boite par quatre vis à ses quatre coins. Il est légèrement surélevé en son centre afin de laisser la place suffisante au rotor de remontage. En son centre, le logo de la marque et gravé en relief et on peut y lire toutes les indication relatives à la montre : numéro de modèle, étanchéité, fabrication suisse. Ici encore, on sera je pense surpris de la qualité des matériaux et de leur travail.

 

 

LA COURONNE ET LES BOUTONS :

 

    On ne peut plus classique, une couronne à 3 heures avec trois positions : tirée à fond pour le réglage de l’heure et des minutes, premier cran pur le réglage de la date et des phases de lune et position de remontage. Elle est cannelée et ne porte aucune indication sur la marque.

 

LE BRACELET :

 

    Oris joue donc le chaud et le froid avec cette pourtant jolie 586. Ainsi, quelques uns de ses constituants sont des atouts de qualité et d’autres sont un peu décevants. Le bracelet est à ranger dans cette seconde catégorie. Il est en cuir doublé et cousu. Sa finition imite le crocodile et est de couleur bleue marine avec un aspect « vieilli » qui ne me semble pas du meilleur goût. Il y a deux passants, de piètre qualité et au fort pouvoir de distension et une boucle ardillon en acier et signée au nom de la marque. Ce bracelet est fixé à la boite dans un renfoncement de celle-ci. On peut dire que pour un bracelet cuir, il fait sa fonction, rien de plus. Par ailleurs, sa couleur et cet aspect « vieux croco » contrastent un peu avec l’élégance de la montre. Pour ma part, j’ai dés l’achat commandé un bracelet en cuir noir, à mon sens plus en harmonie avec l’ensemble.

 

 

 

LE CALIBRE :

 

    Venons en enfin au coeur de la montre, coeur qui ne se dévoile qu’aux propriétaires curieux qui auront dévissé le fond pour l’apercevoir. Et il faut cette curiosité pour être totalement rassuré sur la qualité de facture. Le mouvement est enchâssé dans un logement entièrement métallique et je n’ai décelé aucune pièce en plastique le composant. Du solide donc. Pour ce mouvement, Oris a choisi un calibre de base ETA 2670 modifié et qui porte ainsi le nom de ETA 2685. Pour la marque, il est référencé sous le nom de calibre oris 586.

Celui qui trouve la montre que j'ai poignet gagne un paquet de gâteaux

 

    C’est un mouvement à remontage automatique, d’une autonomie de 38 heures, avec rotor monté sur roulement classique à cinq billes. Sa précision est satisfaisante avec une variation après réglage de 5 à 10 secondes par jour. Ses fonctions sont l’affichage des heures et minutes, le stop seconde, la date centrale à affichage analogique et les phases de lune avec réglage rapide. Le diamètre des de 19.40mm et l’épaisseur de 5.35mm. Le balancier est à trois bras en glucydur et bat avec une fréquence de 4 Hz. Le spiral est en Nivarox 2, avec système antichoc et incabloc. Les ponts sont rhodiés avec décor en colimaçon, finition « côtes de Genève » du rotor. Par ailleurs, comme sur beaucoup de mouvements indiquant les phases de lune, le disque de ces phases est à 59 dents, ce qui donne un retard de 44 minutes à l’âge de la lune lors de chaque lunaison et entraîne un retard d’un jour dans cette indication tous les 32 mois. La correction est alors nécessaire. Toutefois, il faut noter que si l’on recherche une précision plus importante dans l’indication des phases de lune, il faut chercher dans les montres à calendriers perpétuels (Jaeger Lecoultre, Patek Philippe ou autres), et les tarifs sont loin d’être les mêmes. Comme quoi, la lune reste encore inaccessible au plus grand nombre...

 

L'étau viens de chez Selva

 

CONCLUSION :

 

    A l’heure du bilan, je me rends compte que j’ai été un peu dur avec cette petite Oris qui reste pourtant une des favorites de ma collection. Elle possède en effet de très nombreux atouts : élégance, qualité de facture, finition, originalité, finesse, discrétion, le tout pour un prix défiant toute concurrence pour un éventuel équivalent que je n’ai pas trouvé. Elle s’adapte à toutes les situations bien qu’elle soit plutôt « habillée ». De ce fait, on lui pardonnera ses « travers » qui sont des aiguilles et un bracelet un peu bas de gamme. Un achat intéressant donc pour une belle montre mécanique à moins de 1000 euros.

 

Octobre 2003 V.Butin